To glisse or not to glisse, that is the question… On m’avait prévenu, mais à ce point là…

Arrivés samedi matin à Bellevaux dans un froid hivernal, nous partions de bonne heure pour les reconnaissances des 2 spéciales que nous devions (théoriquement) parcourir 4 fois chacune. Comme à notre habitude avec Jonathan, nous mettions un point d’honneur à mettre sur papier le parcours de manière très détaillée sachant que nous devions rouler de nuit le lendemain, une nouveauté pour moi. Trois passages nous suffisent pour être satisfaits de notre travail. Il ne nous restait plus qu’à attendre notre petite lionne grise. Finalement, 45 minutes avant notre heure de passage au contrôle technique, voilà qu’arrive Flo, son équipe et toute son artillerie qui avait sorti pour l’occasion une belle collection de voitures.

Une fois le contrôle technique passé et la déco de la voiture terminée, nous pouvions enfin prendre en main notre auto l’espace de quelques kilomètres. Comparée à l’autre auto avec laquelle nous avions roulé, la Peugeot 106 s’est avérée être plus puissante et plus efficace, mais plus légère de l’arrière et plus vicieuse. Super dans un parcours réputé pour être super glissant avec un bon tiers de portions terre… Mais dans l’ensemble, très amusante à conduire.

Dimanche matin, un petit passage dans le zoning de Malmedy nous fait lever un peu plus tôt que prévu. Quel était l’intérêt de ce passage ? On se le demande toujours car le parc fermé a très vite été engorgé… Bref ! Une grosse boule à l’estomac se gonfle à l’approche du premier start. Ne connaissant pas encore bien la voiture en «vitesse course », ni la conduite sur terre et encore moins sur sol mouillé, je préférais partir prudemment. Finalement, l’auto m’a vite mis en confiance bien que, dans la terre, on gardait une marge de sécurité, n’étant pas habitué au flottement de la voiture sur la terre, parce que ça glissait… D’elle-même, elle se met dans les ornières. Il faut vraiment se battre avec le volant pour l’en faire sortir. Mais c’est en forgeant qu’on devient forgeron… Finalement, c’est comme tout, ça finit par rentrer !

Lors des reconnaissances, nous avions bien noté le jump, mais il était impossible de simuler le saut à vitesse « reconnaissance ». Donc lors du passage en course j’ai pu mieux apprécier l’effet tremplin ! Notre pauvre auto a décollé, fait un superbe saut (dont mes proches, présents sur les lieux, se rappelleront encore longtemps) pour retomber lourdement sur le protège-carter. La pauvre en a pris un sérieux coup, mais c’est une auto de course et elle est préparée pour cela ! 500 mètres plus loin, nous attendait notre première (mauvaise) surprise. Dans un « long gauche 2 se resserre en gauche 4 » une erreur de pilotage de ma part a fait partir notre lionne en tête-à-queue. Ben oui, étant surpris de voir arriver le gauche 4 plus vite que prévu, j’ai soulagé et braqué en même temps… A éviter ! Mais fort heureusement, pas de contact avec le décor donc on a pu repartir directement.

La deuxième spéciale était composée d’un parcours un peu plus « gros cœur » et là aussi, notre lionne s’est montrée quelque peu capricieuse du train arrière sur quelques freinages appuyés… Mais le tout a été récupéré avec dextérité !

De retour au parc fermé, il nous a fallu attendre très très très très très très... SUPER longtemps avant de pouvoir commencer la deuxième boucle. Tellement longtemps qu’on est d’ailleurs partis voir les autres passer dans la 1. Mais cette première spéciale a été dévastatrice lors des 3 boucles. Je pense là à une certaine Citroën C2 Challenge… Paix à son âme. Une minute de silence s’il vous plait.

De retour sur le parcours après une pause interminable (nous faisant presque oublier qu’on était dans une course…), le deuxième passage se veut plus prudent car la pluie s’était invitée à la fête. Un deuxième tête-à-queue dans un « quitter droit » à une jonction terre-asphalte dans la première spéciale sera la seule (grosse) chaleur. Ok, j’arrivais un peu vite… Mais bon !

J’appréhendais la dernière boucle (de nuit). Afin de me dé-stresser quelque peu, j’ai lu quelques articles du journal histoire de m’occuper la tête à autre chose. Ca a partiellement marché… J’ai dû me faire à l’idée de rouler à 100% aux notes. Dans la 1, Jona avait tendance à s’énerver de me voir aussi lent : « Ça passe à foooooonnnnnd içi, Lio ! » ou encore « Tu gardes les gaz c’est un droite 1! »… Mais un bon débriefing entre les 2 ES a remis les pendules à l’heure et la deuxième ES s’est courue dans un rythme plus élevé.

Nous terminons donc ce rallye à une modeste mais néanmoins honorable 55ème place au général et 8ème de classe avec la satisfaction du devoir accompli, mais surtout de l’avoir terminé sans avoir fait la moindre gratte (sauf peut-être sur le protège-carter) ! Compte tenu de l’apprentissage de l’auto, de la terre, de la pluie et de la nuit, je pense qu’on peut être contents de nous. Nous pouvions donc sereinement attaquer les chopes… au point d’en oublier d’aller rechercher nos licences…

Un grand merci à Flo (dont la maman co-pilote a un sourire radieux et qu’on a du mal à essayer de s’imaginer « à fond de 6 » en spéciale sur le siège du co-pilote…) et toute son équipe sympa pour leur disponibilité, leur sympathie et leur efficacité. Chez Flo Racing, on fait l’assistance en famille (jusqu’aux plus jeunes !) dans la joie et la bonne humeur et c’est très bien comme ça ! Un grand merci aussi à Freddy pour sa contribution qui a été hautement appréciée dans l’allègement de mon budget… Je n’espère qu’une chose, c’est de pouvoir remettre cela dès que possible avec cette petite équipe sympa lors de mes brefs passages en Belgique…